ANALYSE DES RÉSULTATS
3) L'idée de classification est-elle renforcée
?
Le passage à la notion de « classe », considérée
elle-même comme un objet, représente souvent un point délicat
dans l'apprentissage des mathématiques. Il représente une source
de blocage et met de nombreux élèves en situation d'échec.
C'est une des raisons pour lesquelles les langages à objets nous ont
séduits : la classe y étant une notion première, elle permet
de créer des objets à volonté, en décidant à
l'avance leurs propriétés.
a) Classification en mathématiques
En mathématiques, l'idée de classification s'est renforcée,
grâce à cette façon originale de créer des objets.
Les élèves de CM2 maîtrisent parfaitement les concepts sous-jacents
du module « objets par morceaux » la forme, la couleur,
la taille, le remplissage. Ils ont vécu depuis la maternelle et le CP
de multiples expériences préalables à la mise en place
des concepts « couleur » et « forme »
par classification. C'est pourquoi ils sont capables d'anticiper quatre propriétés
à la fois. Rappelons ce que les enfants du groupe 3A ont dit le 30 mai
95 pour fabriquer une tête de Mickey :

Les enfants des autres groupes qui ont utilisés « Objets par morceaux » ont eu des réactions similaires (anneaux olympiques, glaces, bateaux). Ils n'ont cessé de réfléchir aux propriétés des objets pour réaliser leur projet personnel. Lors de la synthèse collective, ils ont dit : « nous avons beaucoup réfléchi aux propriétés des formes avant de les choisir, pour que la tête ressemble vraiment à un Mickey »
b) Classification en conjugaison
L'idée de classification des verbes selon un modèle de conjugaison avait déjà été amorcée en classe, car les enfants étaient déjà utilisateurs du Bescherelle. Mais l'utilisation du logiciel a renforcé et enrichi cette idée et l'a rendu plus vivante. Alix déclare : « J'ai mieux compris le fonctionnement du Bescherelle. J'ai compris pourquoi certains verbes avaient le même numéro, c'est parce qu'ils se conjuguent tous de la même manière ».
Pour les enfants le Bescherelle n'était qu'un lexique alphabétique, où ils trouvaient un numéro, les renvoyant à une page. Le logiciel a permis de visualiser et d'animer instantanément tous les verbes qui se conjuguent de manière identique.

Les enfants peuvent ajouter d'autres verbes de la catégorie
23 « provenir » « survenir » « détenir »
ou en supprimer tout à loisir. Le logiciel permet une visualisation instantanée
de la classification. Les enfants ont beaucoup aimé cet aspect dynamique
: « Quand le modèle était
entré. Il suffisait d'indiquer les verbes nouveaux qui allaient avec
le modèle. » dit
Florence.
c) Le seuil de notre expérimentation
Le logiciel permet en géométrie ou en conjugaison, une
démarche originale, différente de celle habituellement pratiquée
en classe ou dans la vie courante. Les enfants l'ont ressenti de manière
assez intuitive. Pour notre part, nous aurions souhaité approfondir en
géométrie et en français la notion de classification :
par exemple faire réaliser un objet très complexe, prévu
par l'adulte, faire inventer par les enfants des classifications, plus simples
que celles du Bescherelle
Mais faute de temps, ces activités n'ont
pu se mettre en place.
Nous sommes ici au seuil de notre recherche. Il nous a manqué surtout
le temps de faire une synthèse collective, où tout ce qui était
commun à la classe des Carreaux et à celle des Verbes aurait été
mis en évidence. Ces deux exemples de classe n'ont pas pu être
explicités. Le concept de classe et a fortiori d'héritage
n'ont pu être abordés.
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