Interview du maître de la classe Gérard Bonnérat
sur l'ensemble des deux années d'expériences.

(octobre 1997)



- En géométrie, le logiciel est bien adapté au niveau des enfants. Comme les élèves ont envie de réaliser et de créer, ils respectent les consignes de manipulation qui sont rapidement intégrées. L'intérêt majeur de ce travail est qu'il laisse une grande place à la créativité et à l'imagination de l'enfant.
Les activités ont permis la mise en place et la consolidation de concepts difficiles sur les symétries, les rotations et les translations. Les enfants ont acquis une bonne maîtrise des concepts et du langage spécifique à l'informatique. Les enfants, par ailleurs, distinguent bien l'objet réel et l'objet informatique. Les enfants ont jugé le travail non seulement intéressant, mais aussi très instructif.
Le travail a été très complémentaire du travail fait en classe, en donnant davantage de sens à ce qui a été fait en géométrie. Les enfants proposent beaucoup de solutions, les démarches différentes sont mises en valeur, comme cela se pratique en classe dans les autres matières.
La partie géométrique des tests d'entrée en 6ème a été très bien réussie, alors qu'habituellement elle constituait le point faible des élèves. (Gérard Bonnérat a été invité le 26 octobre par les professeurs de 6ème du lycée J B Say et a pu consulter les évaluations d'entrée en 6ème de ses anciens élèves.)

- Au niveau de la logique et du raisonnement les enfants ont fait des progrès importants. Après un certain temps de prise en main de l'outil, ils anticipent toute une succession d'ordres, sans avoir besoin de les exécuter pas à pas. Au fur et à mesure qu'ils avancent, le programme se simplifie et se structure. Ils formulent sans cesse des hypothèses et construisent des démarches pour les vérifier. Ils réalisent pour voir. Ils analysent et corrigent eux-mêmes leurs erreurs. Ils n'imputent plus la responsabilité des erreurs à l'ordinateur : s'ils font une erreur, la machine la répercute… Cette idée n'était pas évidente au début.

- Le travail sur les conjugaisons a permis un gain de temps en classe. Les enfants ont été sensibles à l'aspect ludique et moins rébarbatif du travail. La machine fait le travail répétitif en leur laissant le travail constructif. Les enfants ont fait moins d'erreurs dans les exercices classiques de conjugaison, et un petit peu moins dans les dictées. Il a permis une ouverture sur des temps non vus en classe (le subjonctif imparfait et le conditionnel passé). Par manque de temps la fin du mois de juin étant arrivée, il n'a pas été possible de faire une synthèse collective qui aurait été particulièrement riche, car les enfants avaient tous étudié des verbes différents et avaient proposé des organisations diverses. Gérard Bonnérat souhaite continuer le travail sur les conjugaisons en 96-97 avec deux ordinateurs en fond de classe en particulier pour les enfants en difficultés.le